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ENLUMINURE ROMANE AU MONT-SAINT-MICHEL
La lettrine normande : une création Montoise au 11ème siècle


     A l'époque où le duc Guillaume le Conquérant fait régner la paix en Normandie, dans les années 1050-1080, le scriptorium monastique atteint son âge d'or. La communauté ne dépasse pas 40 moines, mais des intellectuels éminents y côtoient des copistes habiles et des artistes de talent.

Parmi eux, des Italiens et peut-être des Anglais.

L'Abbaye développe des relations étroites avec celle de Fécamp. Les échanges dans la chrétienté médiévale se développent avec les pèlerinages, la conquête par les Normands de l'Angleterre et de l'Italie du Sud.

Pour décorer les initiales, les Normands inventent le rinceau habité. Les religieux montois excellent dans cet art.

Ils peuplent les panses des lettrines d'élégants rameaux de feuillage, de feuilles et de grappes de fruits appelés acanthes, où se poursuivent et s'affrontent des hommes, des animaux et des créatures fantastiques. L'aigle, le lion, le dragon ont leur préférence.

On peut, selon son goût et selon les lettrines y admirer des jeux de calligraphie, y voir des images qu'on interprétera avec les clés de la symbolique romane et de la plus haute spiritualité, y déceler la lutte éternelle du Bien et du Mal.

 

Initiale P de Paulus
La Lutte du bien et du mal

vers 1040-1055
MS 72, fol. 151

  Caligraphie du moine Fromond
avec traits de plume,
initiale ornée Q,
portrait d'auter:

Saint Ambroise,
Du bienfait de la mort
vers 1040-1055
MS 72, fol. 182 v