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Le
Motté, soirée, un détachement prend position
au sud et au sud-est de la ville.
André Bazin, agé de 7 ans, réfugié à la ferme du bois
du Motté, assiste à l'arrivée des troupes de
choc. « Ils ont emprunté un chemin creux au
bas de la Pivette. Les chars ne touchaient pas terre,
car le chemin était trop étroit. Ils roulaient sur les
talus ». André Bazin découvre, étonné, les premiers
soldats:
« Des noirs et des blancs, barbouillés, fatigués,
excités. Ils ne connaissaient qu'un seul mot français
: Calvados ».
Les
Américains sympathisent avec la population: « Ils
nous distribuaient des chewing-gums, des bonbons en
tube et des cigarettes, que nous fumions en cachette.
» Les soldats tendent, un grand drapeau sur le champ
du Motté (pour être identifies par leur aviation) et
mettent en batterie une DCA « Le fût du canon, rougi
par les tirs, brillait dans la nuit. »
Les troupes de choc comprenaient quelques prisonniers
de Chicago, parfois des assassins, venus chercher leur
réhabilitation dans les combats. Une colonne composée
de 12 blindés, de 25 jeeps et de quelques pièces
d'artillerie investit le Mont-Jarry, près des virages
des M. Un autre détachement arrive par la Croix-Verte,
remonte rue de Changeons.
Arlette
Marie revit ce moment extraordinaire (30 ou 31) : «
C'était la joie, tout le quartier était là. Les pauvres
hommes étaient dans un grand état de fatigue, en sueur.
Un Canadien portait un chapelet autour du cou. « C'est
maman qui me l'a donné », m'a-t-il dit. On leur offrait
des fleurs et du cidre bouché. »
Puis le convoi se dirige vers le Bois-Guérin par
les sentiers.
Le
général Dager, aile droite de la 4e Division Blindée
du major général John Wood, vient de prendre Avranches
sans ordres précis, sans plan, sans combat
(E. Florentin).
Le colonel allemand Bacherer, de la 770 Division d'Infanterie,
en repos dans la zone de Pontaubault, prépare la contre-offensive.
La 77° s'est illustrée dans le Cotentin en échappant
aux Américains après avoir fait 250 prisonniers.
Pont-Gilbert, 22 h, une importante colonne de
véhicules allemands circule sur la route de la côte
vers Pont-Gilbert. Comme ils portent des croix rouges,
les Américains les laissent passer. C'est un piège.
Les Allemands tirent à coup de fusils de leurs
camions. Les tankistes américains ripostent, détruisent
quelques véhicules qui bloquent le passage. Plusieurs
centaines d'Allemands se rendent.
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